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7 déc. 2012

Le Palamède



En 1836, des passionnés du café de la Régence, place du Théâtre-Français (actuellement place André-Malraux) à Paris, réunis autour de Charles de la Bourdonnais, décident de créer un magazine où vont être retranscrites, sur le papier, les beautés qu'ils voient sur l'échiquier.
 
Le Français, reconnu comme le meilleur joueur du monde depuis sa victoire contre le Londonien Alexander McDonnell en 1834, a l'intuition du formidable essor que va connaître le jeu.
 
En effet, quinze ans plus tard, le premier tournoi international a lieu à Londres, puis c'est la généralisation du contrôle du temps de réflexion avec les premières pendules d'échecs, enfin, en 1886, a lieu le premier championnat du monde entre Wilhelm Steinitz et Johannes Hermann Zukertort.
 
La mort prématurée de La Bourdonnais, en 1840, interrompt durant deux ans la parution du Palamède, avant qu'il soit relancé par Pierre Saint-Amant, son successeur dans la suprématie au Café de la Régence. Le magazine vivra encore cinq ans, approchant les 300 abonnés, avant de s'éteindre en 1847.

lien
le site Gallica sur lequel on peut consulter la revue Le Palamède

la rencontre La Bourdonnais - McDonnell

en préparation

Entre juin et octobre 1834, La Bourdonnais et McDonnell jouèrent une série de six matches et un total de quatre-vingt-cinq parties, au Club d'échecs de Westminster à Londres. Les parties furent enregistrées pour la postérité par George Walker, le doyen des fondateurs du club, qui resta aux côtés de McDonnell pendant toute la durée du match. Les parties commençaient généralement vers midi et certaines d'entre elles durèrent plus de sept heures. Ni La Bourdonnais ni McDonnell ne connaissaient un traître mot de la langue de l'autre. On dit que le seul mot qu'ils aient échangé au cours de leur rencontre historique était « Échec ! ».
 
Après chaque partie, McDonnell revenait dans sa chambre épuisé et y passait des heures à faire lentement les cent pas, en proie à une agitation nerveuse. Pendant ce temps La Bourdonnais restait en bas, satisfait de lui-même devant l'échiquier. Il continuait à jouer après minuit passé, en fumant des cigares, en buvant un punch et en disputant d'autres parties. Une nuit, dit-on, il joua quarante parties avant de se coucher, alors qu'il devait affronter McDonnell au matin suivant.
 
McDonnell et La Bourdonnais avaient tous les deux le même talent, mais leurs styles de jeu étaient diamétralement opposés. Le Français était renommé pour la rapidité avec laquelle il jouait, répondant souvent en quelques secondes aux coups de son adversaire, alors que l'Irlandais pouvait prendre jusqu'à deux heures pour un coup des plus simples.
 
Mais ce côté réfléchi n'empêchait pas McDonnell d'être un joueur téméraire. Alors que le Français préférait se tromper par excès de prudence, l'Irlandais ne pouvait pas s'empêcher de lancer des attaques violentes et souvent irréfléchies, et c'est quelque chose qui le desservit pendant leur rencontre.
 
McDonnell était taciturne et imperturbable. Qu'il gagnât ou perdît, il ne laissait paraître aucune émotion à la table de jeu, habitude qui devait sans doute décontenancer son adversaire au caractère explosif.

lien:
le détail des 86 parties disputées sur Chessgames.com