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8 déc. 2012

Zukertort



Johannes Hermann Zukertort est un phénomène du monde échiquéen, né le 7 septembre 1842 à Lublin et décédé le 20 juin 1888 à Londres, qui disputa et perdit le premier championnat du monde d'échecs en 1886.

Johannes Zukertort, qui devint tout d'abord docteur en médecine, était un pianiste de grand talent et parlait couramment une dizaine de langues. Extrêmement cultivé, il était pensionnaire de l’Université de Breslau quand il apprit à jouer aux échecs à 20 ans ; dès lors plus rien d'autre n'exista pour lui. Pendant la Guerre franco-prussienne de 1870, il servit comme officier dans un régiment d'infanterie, où il avait la réputation de loger une balle de pistolet dans un as de jeu de cartes à 15 pas ! Il fut d'ailleurs décoré pour avoir été le seul officier survivant de son régiment lors de la célèbre bataille de Gravelotte en Lorraine.

Revenu à la vie civile, Zukertort fit la connaissance d'Adolf Anderssen qui lui prodigua ses leçons, et ses progrès furent fulgurants. Ayant vaincu son maître, il commença par remporter des tournois puis, beaucoup trop confiant, il lança un défi à Wilhelm Steinitz qui le mit en déroute (Londres - 1872 / -7 +1 =4).

Premier championnat du monde de 1886
 
Depuis sa victoire contre Adolf Anderssen en 1866, Steinitz se considérait comme le meilleur joueur du monde. Cet état de fait fut remis en cause par les victoires de Zukertort dans les tournois de Paris en 1878 et de Londres en 1883. De nombreux spécialistes voyaient désormais en lui le nouveau meilleur joueur au monde au détriment de Steinitz.

Un match fut donc organisé entre les joueurs pour déterminer lequel des deux était le meilleur joueur. La communauté échiquéenne mondiale s’accorda pour reconnaitre le vainqueur comme le premier champion du monde officiel. Le match se déroula en 1886 à New York, Saint-Louis et à La Nouvelle-Orléans. Le vainqueur du match serait le premier à gagner dix parties.

Après un départ difficile, Steinitz se reprend et s’impose dix victoires à cinq (avec cinq nulles) et devint le premier champion du monde officiel à l’issue d’une vingtième partie où son adversaire abandonne à cause de la perte de sa dame.

lien:

Steinitz



Wilhelm Steinitz (14 mai 1836 à Prague, Empire d'Autriche - 12 août 1900 à New York) est un joueur d'échecs autrichien, naturalisé américain en 1888 (à cette occasion il changea officiellement son prénom en William).

Premier championnat du monde de 1886
 
Depuis sa victoire contre Adolf Anderssen en 1866, Steinitz se considérait comme le meilleur joueur du monde. Cet état de fait fut remis en cause par les victoires de Zukertort dans les tournois de Paris en 1878 et de Londres en 1883. De nombreux spécialistes voyaient désormais en lui le nouveau meilleur joueur au monde au détriment de Steinitz.

Un match fut donc organisé entre les joueurs pour déterminer lequel des deux était le meilleur joueur. La communauté échiquéenne mondiale s’accorda pour reconnaitre le vainqueur comme le premier champion du monde officiel. Le match se déroula en 1886 à New York, Saint-Louis et à La Nouvelle-Orléans. Le vainqueur du match serait le premier à gagner dix parties.

Après un départ difficile, Steinitz se reprend et s’impose dix victoires à cinq (avec cinq nulles) et devint le premier champion du monde officiel à l’issue d’une vingtième partie où son adversaire abandonne à cause de la perte de sa dame.
 
Wilhelm Steinitz a été le premier champion du monde officiel des échecs de 1886 à 1894.

Science du jeu d'échecs

Il a, le premier, étudié scientifiquement le jeu d'échecs pour en dégager les règles de stratégie. À ce titre, il est considéré comme le père des échecs modernes.

Comme le souligne le Maître International Bruce Pandolfini dans son ouvrage "Mats éclairs" (éditions Solar): "ses attaques sont soigneusement bâties sur une grande échelle, et, quand arrive le choc, la position de l'adversaire est irrémédiablement ruinée."

Ces attaques sont des stratégies parfaitement structurées qui consistent en une accumulation de petits avantages successifs qui réunis font la différence. Cette approche se trouve à l'opposé du "jeu de salon" qui prévalait jusque là.

Championnat du monde de 1894

Le Championnat du monde d'échecs 1894 a vu s'affronter l'Américain d'origine autrichienne Wilhelm Steinitz, tenant du titre, et l'Allemand Emanuel Lasker, du 15 mars au 26 mai 1894 à New York (parties 1 à 8), Philadelphie (parties 9 à 11) et Montréal (parties 12 à 19). Le premier joueur a remporter dix victoires était déclaré champion.

Le challenger, Lasker, l'a emporté sur Steinitz (qui était son aîné de 32 ans).

liens:
parties disputées lors du championnat du monde de 1886 sur chessgames.com
parties disputées lors du championnat du monde de 1894 sur chessgames.com 

Morphy




Paul Morphy, né le 22 juin 1837 à La Nouvelle-Orléans où il est mort le 10 juillet 1884, est un joueur d’échecs américain.

Ses débuts aux échecs

Selon son oncle, Ernest Morphy, personne n’a jamais montré à Paul comment jouer aux échecs. Il a écrit que Paul a compris les règles en observant le déroulement des parties qui se jouaient à la maison. Ernest relate que Paul a mentionné, après avoir observé pendant plusieurs heures une partie de son père et son oncle, qu’il aurait dû gagner la partie. Tant le père que l’oncle sont surpris d’entendre une telle affirmation de la bouche du jeune Paul, car ils ne croyaient pas qu’il savait déplacer les pièces, encore moins la stratégie échiquéenne. Ils seront encore plus surpris lorsque Paul remettra les pièces sur l’échiquier et prouvera son affirmation.
 
En deux ans, vers l’âge de 20 ans, Morphy a défait tous les meilleurs joueurs d’échecs américains, puis européens. Par la suite, il renonce à jouer et tente de faire carrière en droit, mais sans succès car, antiesclavagiste, il a refusé de s’enrôler lors de la guerre de Sécession.

Le voyage en Europe de Morphy

Encore trop jeune pour exercer le droit, Paul Morphy est invité à un tournoi d’échecs international se tenant à Birmingham durant l’été 1858. Il accepte le défi et se rend en Angleterre. Cependant, il ne participe pas au tournoi, il joue des matchs contre les meilleurs joueurs anglais les battant sans exception. Le seul joueur qui refuse d’affronter Paul est Howard Staunton, qui a cependant promis de l’affronter, mais y a finalement renoncé. Parfois, Staunton est présent dans la pièce où joue Morphy et aurait pu s’y mesurer. Staunton a, peu après, été critiqué pour son refus d’affronter Morphy. À cette époque, il complétait une édition d’une intégrale de William Shakespeare, mais jouait aussi en compétition. Staunton a lancé ensuite une campagne écrite de façon à laisser croire que Morphy était la cause de cette situation, suggérant entre autres qu’il n’avait pas les fonds nécessaires pour répondre aux exigences financières d’un tel match. Pourtant, Morphy était si estimé que plusieurs groupes et plusieurs personnes riches étaient prêts à le financer sans réserve.
Durant les quelques mois où Morphy est en Angleterre, il joue le plus souvent des parties à l’aveugle, et même contre huit joueurs à la fois, qu’il gagne sans exception.

Recherchant de nouveaux adversaires, Morphy traverse la Manche et se rend au Café de la Régence à Paris, meilleur lieu français du jeu d’échecs. Il joue un match contre Daniel Harrwitz, meilleur joueur français de l’époque. Un prix sera versé au gagnant après 7 points. Morphy perd les deux premières parties, mais réagit avec calme, se rendant compte qu’il joue avec trop d’impétuosité. Il gagne la troisième, la quatrième, la cinquième, puis la sixième partie. Harrwitz demande alors une pause de huit jours pour cause de santé. Morphy accepte, à la condition de reprendre au rythme d’une partie par jour. Au retour, il annule contre Harrwitz, puis gagne la huitième partie. À ce moment, Harrwitz demande une nouvelle pause, mais Morphy refuse. Harrwitz abandonne.

À Paris en 1858, Morphy attrape la grippe et souffre d’une forte fièvre. En accord avec la médecine de l’époque, il est traité à l’aide de sangsues, perdant beaucoup de sang. Il est tellement atteint qu'il ne peut se tenir debout sans aide, mais insiste pour jouer contre Adolf Anderssen, considéré comme le meilleur joueur européen du moment, lequel est venu expressément de Breslau, en Allemagne pour ce match. Malgré sa maladie, Morphy triomphe facilement (+7 =2 -2). Lorsqu’on questionne Anderssen sur sa défaite, il réplique qu’il manque de pratique, mais que Morphy est plus fort et qu’il l’a battu à la régulière. Anderssen a aussi affirmé que Morphy était le plus fort joueur connu, dépassant même La Bourdonnais. C’est pendant cette période qu’il joue la partie de l'opéra à l’Opéra de Paris en 1858 contre le duc Charles II de Brunswick et le comte Isouard. En France, comme en Angleterre et aux États-Unis, Morphy a joué des parties à l’aveugle contre huit joueurs à la fois.

En compétition
 
Il joua, au total, 227 parties d’échecs en compétition avec environ 87 % de victoires. Il n’existe qu’un seul problème d’échecs connu de Paul Morphy qu’il créa alors qu’il était âgé de moins de dix ans.

lien:
les parties les plus significatives de Morphy sur Chessgames.com

Anderssen

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Adolf Anderssen (1818 à Breslau, Royaume de Prusse - 13 mars 1879 à Breslau, Empire allemand) est un joueur d'échecs.
 
Il est considéré comme le meilleur joueur du monde après un important tournoi qui s'est tenu à Londres en 1851 et comme l'un des meilleurs représentants de l'école romantique.

Ses débuts aux échecs

Adolf Anderssen apprit le jeu d'échecs de son père à l'âge de 9 ans. Passionné, il dévore toute la littérature échiquéenne qu'il peut trouver, mais se consacre avant tout à ses études de mathématiques. Pendant cette période, il pratique peu, s'intéressant surtout à la composition : il publie à l'âge de 24 ans une étude de finales, Aufgaben für Schachspieler, qui lui donne un important succès. Devenu professeur au lycée à Breslau et son avenir étant assuré, il commence alors sa carrière de joueur amateur à 30 ans.

Après un premier match disputé en 1848, Anderssen affronte Daniel Harrwitz, l'un des meilleurs joueurs d'Europe en obtenant un score nul de 5 à 5. Pour un pur amateur, ce résultat est remarquable. La même année, le Illustrierte Zeitung, journal d'échecs allemand, publie son portrait, ce qui était considéré comme un grand honneur à l'époque.

liens:
Anderssen sur Wikipédia
Ses parties les plus significatives sur Chessgames.com