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10 déc. 2012

Réti



Richard Réti, né le 28 mai 1889 à Pezinok, près de Bratislava, et mort le 6 juin 1929 à Prague, est un joueur d'échecs né hongrois puis devenu, comme sa région d'origine, tchécoslovaque après la Première Guerre mondiale.
 
Il est l'un des plus forts joueurs des années 1910 à 1920, et un des fondateurs de l'école hypermoderne.

Une miniature

(Richard Réti – Xavier Tartakover, Vienne, 1910)
1. e4 c6 2. d4 d5 3. Cc3 dxe4 4. Cxe4 Cf6 5. Dd3 e5 6. dxe5 Da5+ 7. Fd2 Dxe5 8. 0-0-0 Cxe4?? 9. Dd8+ Rxd8 10. Fg5+ Rc7 11. Fd8#

Dans son Bréviaire des Échecs, Tartakover a eu le panache de reproduire cette partie sous le titre « Un mat splendide ». Il l'accompagne d'intéressants commentaires. Le sacrifice de Dame effectué par Réti dans cette miniature n'était pas nouveau : il était déjà apparu auparavant, notamment dans une partie de 1886 et dans au moins quatre autres parties. De plus les circonstances qui accompagnent la partie Réti-Tartakover ne sont pas toutes élucidées : Tartakover avait publié la partie dans son livre Schachmethodik (Berlin, 1929) avec la seule précision : « partie libre » disputée à Vienne en 1910. La partie avait été publiée auparavant en 1910 par Georg Marco à la page 10 du Neues Wiener Tagblatt, du 1er avril 1910, avec la conclusion : 10. Fg5+ Abandon. « La partie fut jouée pour une mise mineure (dix couronnes) et avec un cadence de jeu de 15 coups par heure. »
 
Les débuts Réti
 
Le début Réti, comme l'a expliqué lui-même son auteur dans Les Maîtres de l'échiquier, ne dirige pas l'attaque contre la case faible e5, mais contre la case forte d5, dans la mesure où il continue par c4, g3 et Fg2 (dans cet ordre là ou dans un autre).
 
. Richard Réti - José Raúl Capablanca, New York, 1924:
1. Cf3 Cf6 2. c4 g6 3. b4 Fg7 4. Fb2 0-0 5. g3 b6 6. Fg2 Fb7 7. 0-0 d6 8. d3 Cbd7 9. Cbd2 e5 10. Dc2 Te8 11. Tfd1 a5 12 a3 h6 13. Cf1 c5 14. b5 Cf8 15. e3 Dc7 16. d4 Fe4 17. Dc3 exd4 18. exd4 C7d7 19. Dd2 cxd4 20. Fxd4 Dxc4 21. Fxg7 Rxg7 22. Db2+ Rg8 23. Txd6 Dc5 24. Tad1 Ta7 25. Ce3 Dh5 26. Cd4 Fxg2 27. Rxg2 De5 28. Cc4 Dc5 29. Cc6 Tc7 30. Ce3 Ce5 3§1. T1d5 1-0.
 
.Richard Réti - Akiba Rubinstein, Carlsbad, 1923 :
1. Cf3 d5 2. g3 Cf6 3. Fg2 g6 4. c4! d4 (il peut aussi suivre notamment : 4...e6, 4...c6, 4...dxc4 qui sera suivi de 5. Ca3 ou bien de 5. Da4+) 5. d3 Fg7 6. b4! 0-0 7. Cbd2 c5 8. Cb3 cxb4 9. Fb2 (9. Cbxd4? e5!) Cc6 10. Cbxd4 Cxd4 11. Fxd4 b6 (défend le pion b, mais affaiblit le pion a) 12. a3 (12. Cd2? Dxd4 13. Fxa8 Cg4!) Fb7 13. Fb2 bxa3 14. Txa3 Dc7 15. Da1 (« On devrait dire que ce coup n'a pas été découvert par Réti, mais plutôt inventé par lui! ») Ce8 16. Fxg7 Cxg7 17. 0-0 Ce6 18. Tb1 Fc6 19. d4 Fe4 20. Td1 a5 21. d5 Cc5 22. Cd4 Fxg2 23. Rxg2 Tfd8 24. Cc6 Td6 25. Te3 Te8 26. De5 (dans leur livre : Winning with the Hypermodern, qui est à la base des annotations, Raymond Keene et Eric Schiller ont écrit l'explication suivante de Réti : « Ceci provoque l'avance ...f7-f6, et par conséquent, il sera impossible de sapper les pions en d5 et c6. ») f6 27. Db2 e5 28. Db5 Rf7 29. Tb1 Cd7 30. f3 Tc8 31. Td3 e4 32. fxe4 Ce5 33. Dxb6 Cxc6 34. c5 Td7 35. dxc6 Txd3 36. Dxc7+ Txc7 37. exd3 Txc6 38. Tb7+ Re8 39. d4 Ta6 40. Tb6 Ta8 41. Txf6 a4 42. Tf2 a3 43. Ta2 Rd7 44. d5 g5 45. Rf3 Ta4 46. Re3 h5 47. h4 gxh4 48. gxh4 Re7 49. Rf4 Rd7 50. Rf5 1 - 0.

Capablanca



José Raúl Capablanca y Graupera, né le 19 novembre 1888 à La Havane (Cuba) et mort le 8 mars 1942 à New York, était un joueur d'échecs cubain. Il a été champion du monde des échecs de 1921 à 1927.

Le Championnat du monde de 1921

Le Championnat du monde d'échecs 1921 a vu s'affronter Emanuel Lasker et José Raúl Capablanca à La Havane du 18 mars au 28 avril 1921. Capablanca gagna le championnat du monde contre Emanuel Lasker (+4 -0 =10).

Pendant six ans, il ne perdit que 4 parties sur environ 200 mais il ne mit pas son titre en jeu. En 1922, le nouveau champion du monde remporta le tournoi de Londres, mais Lasker était absent. En 1924, Capablanca fut devancé par l'ancien champion du monde lors du tournoi de New York ; puis, en 1925, par Efim Bogoljubov et par Lasker lors du tournoi de Moscou. En 1927, il termina premier du tournoi de New York où Emanuel Lasker n'était pas invité.

Le Championnat du monde de 1927

Capablanca perdit son titre en 1927 à Buenos Aires contre Alexandre Alekhine (+3 –6 =25). Le match dura trente quatre parties, un record, car les parties nulles ne comptaient pas et la victoire revenait au premier joueur à remporter six parties.

Au cours des années suivantes, Alekhine évita d'accorder à Capablanca une revanche, ne lui donnant ainsi aucune occasion de regagner son titre. Les deux joueurs ne s'adressèrent plus la parole.

Exemples de parties

. José Raúl Capablanca - Xavier Tartakover, New York, 1924
1. d4 e6 2. Cf3 f5 3. c4 Cf6 4. Fg5 Fe7 5. Cc3 0-0 6. e3 b6 7. Fd3 Fb7 8. 0-0 De8 9. De2 Ce4 10. Fxe7 Cxc3 11. bxc3 Dxe7 12. a4 Fxf3 13. Dxf3 Cc6 14. Tfb1 Tae8 15. Dh3 Tf6 16. f4 Ca5 17. Df3 d6 18. Te1 De7 19. e4 fxe4 20. Dxe4 g6 21. g3 Rf8 22. Rg2 Tf7 23. h4 d5 24. cxd5 exd5 25. Dxe8+ Dxe8 26. Txe8+ Rxe8 27. h5 Tf6 28. hxg6 hxg6 29. Th1 Rf8 30. Th7 Tc6 31. g4 Cc4 32. 32. g5 Ce3+ 33. Rf3 Cf5 34. Fxf5 gxf5 35. Rg3!! (Capablanca était un expert des finales de Tours[6]) Txc3+ 36. Rh4 Tf3 37. g6 Txf4+ 38. Rg5 Te4 39. Rf6! (Capablanca emploie le pion ennemi pour se couvrir des échecs) Rg8 40. Tg7+ Rh8 41. Txc7 Te8 42. Rxf5 Te4 43. Rf6 Tf4+ 44. Re5 Tg4 45. g7+ Rg8! 46. Txa7 Tg1 47. Rxd5 Tc1 48. Rd6 Tc2 « Tartakover continue pour les spectateurs »[7] 49. d5 Tc1 50. Tc7 Ta1 51. Rc6 Txa4 52. d6 1-0.

. Richard Réti - José Raúl Capablanca, Berlin, 1928
1. e4 e5 2. Cf3 Cc6 3. Fb5 d6 4. c3 a6 5. Fa4 f5 6. d4 fxe4 7. Cg5 (Cxe5 est possible dxe5 8. Dh5+) exd4 8. Cxe4 Cf6 9. Fg5 Fe7 10. Dxd4? (Fxf6 Fxf6 11.Dh5 était meilleur) b5 11. Cxf6+ gxf6 12. Dd5 bxa4 13. Fh6 (menace Fg7) Dd7 14. O-O Fb7 15. Fg7 O-O-O 16. Fxh8 Ce5 (les Noirs ont une attaque irrésistible sur l'aile roi) 17. Dd1 Ff3! (menace Dg4, si 18.Dd4, Dh3!) 18. gxf3 Dh3 0-1 (les menaces Cxf3 ou Tg8 conduisent au mat)

Tartakover



Xavier Tartacover ou Xavier Tartakover (né Savielly Grigorevitch Tartakover le 22 février 1887 à Rostov-sur-le-Don, Russie, mort le 4 février 1956 à Paris, France) était un joueur d'échecs austro-polonais naturalisé français.

Le style du jeu de Tartacover reflète parfaitement son esprit virevoltant, imaginatif, mais fragile. Sa spécialité consistait à remettre au goût du jour des coups considérés jusqu'alors comme douteux. Son grand principe, que partageaient les hypermodernes (surtout Richard Réti), était de ne pas en avoir.

Les coups excentriques de Tartacover, s'ils déconcertèrent de nombreux grands maîtres de premier plan, arrivaient hélas souvent à déconcerter surtout... son auteur. À son tableau de chasse figurent tous les plus grands joueurs de l'époque. Pour certains comme Frank Marshall, et plus tard Paul Keres, il fut même une véritable « bête noire ».

Personnage haut en couleur, Tartacover aimait l'originalité, qu'il manifesta de plusieurs manières brillantes durant sa carrière. Il introduisit deux ouvertures originales et bien des variantes.

La première ouverture, 1. b4 (que Tartacover baptisa « début Orang-Outan », connue aussi sous le nom de début Sokolsky), fut introduite en 1924 lors du Tournoi de New York. Cherchant un plan stratégique pour justifier ce début si original, Tartacover dit qu'il eut l'idée de cette ouverture durant sa visite du zoo du Bronx, lorsqu'il vit un orang-outan grimper à une liane !

La deuxième ouverture fut introduite avec panache lors du tournoi de Barcelone : lors du banquet d'ouverture de ce tournoi fermé, il annonça avec légèreté aux organisateurs qu'il introduirait un nouveau système d'ouverture. Ce fut donc lors de ce tournoi que vit le jour le début catalan, qui allie à la poussée d4 le fianchetto du fou en g2.

Enfin, la « variante Tartakover du Gambit dame » est une ligne de jeu fréquemment employée par les joueurs de l'élite mondiale. Hormis Bobby Fischer, tous les champions du monde de l'ère moderne, comme Boris Spassky ou Anatoli Karpov l'ont intégré à leur répertoire d'ouverture : 1.d4 d5 2.c4 e6 3.Cc3 Cf6 4.Fg5 Fe7 5.e3 0-0 6.Cf3 h6 7.Fh4 b6.

5 déc. 2012

François-André Danican Philidor


jeu à l'aveugle de Philidor

François-André Danican Philidor, surnommé le Grand (7 septembre 1726, Dreux - 31 août 1795, Londres), est un compositeur et joueur d'échecs français qui mena de front ces deux activités toute sa vie. Il est le fils d'un second lit d'André I dit l'Aîné et le frère d'Anne, tous deux musiciens.
 
Aujourd'hui, son nom reste davantage associé au jeu d'échecs. Très jeune, il fréquente le Café de la Régence où il rencontre Jean-Jacques Rousseau. Dans Le Neveu de Rameau, Denis Diderot donne une description de ce café : « Paris est l'endroit du monde, et le café de la Régence est l'endroit de Paris où l'on joue le mieux à ce jeu ; c'est chez Rey que font assaut Legal le profond, Philidor le subtil, le solide Mayot ». Philidor montre une grande maîtrise dans la pratique (démonstration de jeu en aveugle) et se montre très en avance sur la théorisation du jeu. Il surclasse rapidement le Sire de Legal, meilleur joueur du Café de la Régence.
 
À Londres, il dispute un match en 1747 contre le Syrien Stamma fixé à Londres depuis 1742. Il le bat 8 à 2 et il est dès lors considéré comme le plus fort joueur du monde. Il retourne à Londres (1771-1773) où il fréquente le St. James Chess Club, gagnant sa vie en faisant des parties d'exhibitions.
 
Vivant des pensions du roi et partisan d'une monarchie constitutionnelle, il s'exile en Angleterre en 1792. Il est inscrit sur la liste des suspects et, malgré les efforts de sa femme et de son fils aîné, restés en France, un passeport pour rentrer lui est refusé après Thermidor. Il meurt à son domicile londonien et est inhumé à St. James de Picadilly.

Philidor publie « L'Analyze des Echecs » en 1749, à l'âge de 22 ans, un des premiers traités d'échecs en langue française et un classique du genre. L'ouvrage sera édité une centaine de fois et traduit rapidement dans de nombreuses langues : anglais (Analysis of the Game of Chess, 1790), allemand, espagnol (Análisis del juego de ajedrez, 1827), russe, yiddish, etc. Cet ouvrage est le seul témoignage des conceptions échiquéennes de Philidor, les parties qu'il a joué à l'apogée de sa carrière n'ont pas été conservées et il n'a jamais rencontré d'adversaires de son niveau, il pouvait battre les plus fort joueurs de son temps avec un handicap d'un pion et du trait.

Le terme d'Analyse marque d'entrée la rupture avec les conceptions antérieures. Alors que le jeu reposait essentiellement sur des qualités d'intuition et d'imagination, Philidor l'élève au statut de science et constitue un système rationnel dont il fournit le premier les lois essentielles. Il insiste sur l'importance des pions, et notamment des chaînes de pions. Richard Réti qualifie Philidor de « grand philosophe des échecs, trop en avance sur son temps pour être compris ».

lien:
Philidor sur Wikipédia